Initié par la Région Alsace, les Départements du Bas-Rhin et du Haut-Rhin et porté par le Mémorial d'Alsace-Moselle, l'événement "Alsace, lieu
de mémoires, terre sans frontière" mobilise vingt sites de mémoire à l'occasion d'un week-end spécial les 10, 11 et 12 mai 2008. (voir le site ici)
C'est ainsi que j'ai choisi de vous faire partager notre visite au
camp de concentration du Struthof. Pour tout vous dire j'essaye d'écrire cet article depuis ce soir 20 heures, je voulais avec mes mots vous dire l'horreur et le froid qui vous glace le dos pas
après pas. Car la visite se fait sur le site même, à chaque pas que vous faites, vous ne pouvez pas ne pas penser aux larmes et au sang qui ont tant coulés là sous vos pieds. Ce n'est pas une
reproduction du four crématoire que l'on vous montre, mais le vrai four, les vrais cachots, la vrai table d'autopsie... Ce n'est vraiment pas si loin. Et de toute façon, il ne faut pas oublier,
ne SURTOUT pas oublier... donc voilà j'ai essayé avec mes mots... mais sans cesse, je recommence, alors je vous montre quelques photos et je les fais suivre par des textes officiels... NE PAS
OUBLIER...
LE CAMP DU STRUTHOF
Le Struthof a été un camp de concentration parmi le millier qui existait sous
le pouvoir hitlérien. Il a également servi comme camp expérimental d'extermination. Il est difficilement imaginable qu'à une cinquantaine de kilomètres de Strasbourg, près de Schirmeck, sur le
site de la belle vallée de la Bruche, en plein massif vosgien, les meurtriers nazis ont sévi dans toute l'horreur de leur projet infâme.
1. Un camp de concentration
Dans une Alsace annexée depuis juin 1940, Himmler décide le 3 mars 1941 de
créer à proximité du camp d'internement de Schirmeck un "camp de travail" réservé aux "criminels notoires et asociaux". Prévu pour 2000 détenus, il en contint jusqu'à 8000 à l'automne 1944
!
La première raison invoquée pour le choix du Struthof fut l'existence à 1 km
de cet endroit d'une carrière de granit d'où les forçats devaient extraire les pierres destinées aux besoins des Allemands. Par la suite les déportés furent affectés à des travaux de terrassement
et d'aménagement de routes. Les malheureux étaient laminés jusqu'à l'épuisement total.
L'effroi
La vie dans le camp, selon le témoignage des survivants, était rythmée par les
réveils dans la nuit, les appels interminables, les travaux insurmontables, la faim qui tenaillait les corps affaiblis, la promiscuité de tous les instants, la vermine envahissante et les sévices
incessants. L'effroi était quotidien à l'ombre des potences bien en vue en haut du camp. Ce traitement a anéanti plusieurs milliers d'êtres innocents.
Le camp comprenait 17 baraquements en bois étagés en 9 plates formes à flanc
de coteaux communiquant par des escaliers. Il était entouré par un double réseau de barbelés et surveillé par 8 miradors. A l'extérieur, furent installées d'autres baraques et des ateliers tandis
qu'une villa fut réquisitionnée pour le commandant.
Les prisonniers qui arrivaient en train jusqu'à la gare de Rothau devaient
effectuer à pied les huit kilomètres qui les séparaient du Struthof, sous les coups et les hurlements d'une horde de SS. Il s'agissait d'abord de prisonniers de droit commun allemands puis de
déportés de diverses nationalités (Polonais, Russes, Hollandais, Français, Allemands, Norvégiens...).
2. Un camp d'extermination expérimental
Dans le cadre de la "solution finale" réservée au peuple juif lors de la
conférence de Wannsee du 20 janvier 1942 un traitement spécial devait être mis au point dans la phase finale de l'entreprise d'extermination systématique. Ainsi au Struthof, une dépendance d'un
hôtel situé à proximité du camp fut transformée en chambre à gaz qui servit épisodiquement durant l'été 1943, époque au cours de laquelle fut également édifié un four crématoire.
Suite à la promulgation du fameux décret du 2 Février 1942 dit "Nacht und
Nebel" (Nuit et Brouillard), désignant les prisonniers qui devaient disparaître au cours de leur détention, de tels convois arrivèrent au camp en juillet et décembre 1943.
Les martyrs
Entre le 11 Août et le 19 Août 1943 furent également amenés 87 juifs détenus à
Auschwitz. Ils furent gazés au Struthof pour enrichir la collection de squelettes dont avait besoin le professeur Hirt de l'Université de Strasbourg entre les mains du pouvoir nazi. Au cours de
ce même mois un convoi de femmes juives a été gazé et les corps martyrisés ont servi à d'ignobles expérimentations anatomiques. De plus, dans la nuit du 1er au 2 septembre 1944, 106 membres du
réseau de résistance "Alliance" furent exécutés d'une balle dans la nuque.
Le 30 août 1944 avait commencé l'évacuation du camp vers celui de Dachau. Il
sera finalement libéré par l'armée française le 23 novembre de la même année.
Aujourd'hui, le Struthof est devenu un lieu de mémoire pour que, d'une part,
le souvenir des quelques 12000 martyrs qui y ont trouvé la mort par l'épuisement ou par les massacres, soit perpétué de génération en génération, et pour que, d'autre part, chaque visiteur puisse
lancer en toute connaissance de cause cet appel : "Plus jamais çà !".
VISITE DU CAMP
Le site visible aujourd'hui dans sa structure d'origine,
comprend:
Le Musée de l'Histoire de la Déportation sur la première plate-forme, avec
la potence, le four crématoire, la prison et la fosse aux cendres.
Le Mémorial de la Déportation, inauguré par le Général de Gaulle le 23
juillet 1960, symbolise la flamme de la Liberté par une spirale de béton de 40,50 m de haut, et signale de loin l'emplacement du camp.
La Nécropole nationale avec 1120 tombes de déportés.
La chambre à gaz, dans un bâtiment à 1500 m à gauche avant l'entrée du camp,
et la carrière, à quelques kilomètres du site.
HISTOIRE DU CAMP
Le camp de Natzweiler-Struthof, à l'écart des villages, est situé sur la
commune de Natzwiller à 8 km de Rothau ; on y accède par la route D 130. A Schirmeck, dans la vallée, existait déjà un camp d'internement "réservé" (Sicherungslager Vorbruck) aux
réfractaires et opposants coupables de résister à la germanisation de l'Alsace après son annexion à l'Allemagne par Hitler.
Après la visite du site en septembre 1940 par Blumberg,
Standartenführer SS (colonel), Himmler décide la construction d'un camp d'extermination au Struthof, choisi en fonction de sa situation isolée et de la proximité de la "Grande Carrière"
dont le granit était recherché et qui a servi à de nombreuses constructions dans les villes allemandes.
Comme pour Mathausen en Autriche, les prisonniers construisent le camp dans
des conditions épouvantables, destinées à faire mourir un grand nombre d'entre eux durant les travaux.
1941
En mai 1941 arrivent les premiers prisonniers, Allemands et Autrichiens.
Le camp pouvait recevoir 2000 à 2500 déportés. Lors de l'évacuation du camp début septembre 1944, le nombre de déportés atteignait plus de 7000. Les registres tenus par l'administration SS
indiquent 44623 détenus immatriculés dans ce camp. La plupart étaient affectés dans des camps annexes tels que Neckargerach, Neckarelz, Schönberg, Erzingen (situé dans le Bad Wurtemberg) et Ste
Marie aux Mines en Alsace.
On estime que 10 à 12 000 personnes y sont mortes de 1941 à 1944.
Les prisonniers, classés en plusieurs catégories, étaient identifiés par des
triangles de couleurs :
- rouge pour les politiques,
- rose pour les homosexuels,
- vert pour les droits communs,
- violet pour les adeptes des sectes religieuses,
- noir pour les tziganes et les réfractaires au travail.
Les déportés juifs portaient l'étoile jaune.
1943
A partir de juillet 1943, de nombreux prisonniers français arrivent au camp :
il s'agit des premiers Français classés N. N. : les "Nacht und Nebel" (Nuit et brouillard) voués à une mort rapide et cruelle. Leurs tenues de bagnard étaient marquées des lettres N.N.,
dans le dos pour la veste, et sur les coutures extérieures pour le pantalon ; tout contact avec eux était interdit.
Si la faim, la peur, les tortures, les conditions de travail inhumaines, la
maladie et les humiliations étaient similaires dans tous les camps, dans celui du Struthof, les médecins-bourreaux pratiquaient
en plus d'atroces expérimentations médicales sur des cobayes vivants ou des cadavres de gazés exécutés dans la chambre à gaz située dans un bâtiment extérieur au camp. Un four crématoire,
construit en 1943, servait à brûler les cadavres.
Le camp fut évacué vers Dachau en septembre 1944, après l'exécution des 107
membres du réseau de résistance "Alliance" et 33 membres du groupe G.M.A. Alsace-Vosges. La 7e armée américaine arrive le 23 novembre 1944 dans un camp abandonné.
TEMOIGNAGES D’ANCIENS
DETENUS
Nous reproduisons ci-dessous le témoignage porté sur le camp de Struthof
par d’anciens détenus et gardiens. Nous laissons à ce document, communiqué
par le Service des crimes de guerre, la forme simple et sans apprêt
d’un témoignage direct
Le camp de détention, dit de Struthof, a été construit près de Natzwiller
en 1941-1942, sur l’emplacement d’un terrain de ski, au flanc d’une montagne
de 850 mètres.
Le camp est entouré par une double enceinte de fils
barbelés et électrifiés,
haute de 4 mètres, contenant un chemin de ronde dominé par les tourelles
du mirador. Dans le chemin de ronde, balayé la nuit par des projecteurs, circulaient des SS accompagnés de chiens.
Nombre de SS: 250 à 400 environ.
À l’intérieur de l’enceinte se trouvait une série de
baraques en bois pouvant contenir 160 personnes chacune, une baraque spéciale avec salles de tortures, d’autopsie, four crématoire et une autre baraque contenant une chambre à gaz.
Le nombre des détenus variant sans cesse, allait de 3000 à
6000, tant Russes
que Polonais, Français et même Allemands.
nourriture
La nourriture était peu abondante. L’ancien garde du camp
Jean Ehrardt déclare: «On donnait aux détenus, le matin après le réveil (en été 4h30 en hiver 5h30), un peu de café sans sucre ni pain; à 9 heures, environ 100 grammes de pain avec un peu de
margarine; à midi, ainsi que le soir, 150 grammes de pain et une soupe qui n’était que de l’eau.» De plus, une partie des aliments réservée aux détenus était souvent détournée de sa
destination.
habillement et couchage
Très peu habillés, n’ayant qu’une ou deux couvertures en
coton, les détenus couchaient sur des paillasses. «J’ai vu, poursuit Jean Ehrardt, pendant des périodes de surpeuplement du camp, cinq détenus dormir sur deux paillasses.»
régime du travail
Les détenus travaillent dans des carrières de granit et de
sable ainsi qu’à la construction de routes. Le travail était très pénible; on exigeait, en effet, des travailleurs un rendement très élevé, et, lorsqu’ils n’atteignaient pas le rendement forcé,
ils étaient privés de nourriture pour le lendemain. Le travail était surveillé par un chef nommé «Capo», détenu lui-même, désigné par les surveillants du camp. Ce chef d’équipe était responsable
de l’effort des détenus, en ce sens qu’il devait stimuler leur travail en les battant à coups de bâton au besoin, et, lorsque le rendement forcé n’était pas atteint, il recevait lui-même 25 coups
de bâton, à moins qu’il ne prouve qu’il avait, pendant le travail, battu les détenus, en montrant les traces des coups sur le corps des détenus. Les «Capo», recrutés parmi les criminels de droit
commun, avaient sur les autres détenus un droit de vie et de mort.
Sur les lieux de travail, les détenus étaient entourés d’un
cordon de SS. Tous les détenus qui essayaient de traverser ou qui par malheur étaient à hauteur du cordon étaient abattus à la mitraillette.
Un des geôliers SS Fuchs, de souche alsacienne de Mulhouse,
était particulièrement connu pour sa cruauté. Lorsqu’il arrivait un nouveau convoi de «bleus» et que ces derniers parvenaient sur les lieux de travail, Fuchs prenait la casquette de l’un des
détenus et la jetait à l’extérieur du cordon de surveillance en disant: «Si ce soir tu n’as pas ta casquette à l’appel, tu sais ce qui t’attend.» Le bleu essayait de chercher son couvre-chef et
c’est alors que Fuchs le descendait à la mitraillette. Motif: «A essayé de s’évader.»
Tous les soirs, il y avait appel. Il arrivait souvent que
le chef du camp s’exprimait en ces termes «Ce soir vous êtes 465; demain matin, je ne veux en voir que 460.» Il fallait que ce désir soit accompli et alors, la nuit, un bourreau passait dans les
baraques et, au hasard, pendait ou étranglait cinq de ces malheureux. Le lendemain, à l’appel, on ne comptait que 460 détenus.
discipline
Le régime disciplinaire était rigoureux. Les gardiens
avaient le droit de frapper les détenus et lâchaient leurs chiens sur eux. Les «Capo» eux-mêmes avaient droit de vie et de mort sur leurs camarades.
Le nommé Schanger, chauffeur du camp de Natzwiller, déclare
que,
sur 50 Français qui arrivèrent au camp au cours de l’été 1943, il y eut 8 morts parmi eux à la suite de morsures de chiens. Les SS leur faisaient en effet porter de grosses pierres et excitaient
sur eux 2 chiens policiers; ceux qui tombaient étaient frappés et mordus par les chiens jusqu’à ce qu’ils se relevassent. Ce même témoin raconte qu’il vit des officiers français qui se tenaient
debout avec peine, car leurs mollets avaient été déchirés par les chiens et les chairs pendaient en lambeaux, personne n’ayant le droit de panser leurs plaies; les blessés incapables de
travailler étaient privés de nourriture au repas de midi. Le témoin poursuit: «J’ai vu un Français étendu à terre les pieds déchirés, les os des talons à nu, sans aucun pansement.
Un SS de garde m’a dit: "Voilà un Juif qui va mourir; il était commandant d’armes à Saverne."»
Environ 15 jours ou 3 semaines après l’arrivée de ces 50
Français, raconte Schanger, j’ai pu entrer en conversation avec l’un d’eux qui m’a dit que des
50 arrivés ils n’étaient plus que 4 et que tous les autres étaient morts de leurs blessures faites par les morsures de chiens et aussi de faiblesse car on les laissait sans
nourriture.
Les gardiens, ayant droit à une prime lorsqu’ils ramenaient
mort ou vif un détenu qui s’était évadé, tuaient parfois un détenu, qui n’avait nullement cherché à s’évader, pour toucher la prime, prétextant ensuite qu’il y avait eu tentative
d’évasion.
Un ex-détenu du camp de Struthof, évadé en août 1942,
Martin Winterberger, natif de Greswiller, rapporte les faits suivants:
Le 12 décembre 1941, le matin à 9 heures, les détenus sont
rassemblés. On porte à leur connaissance qu’un paquet de tabac a été volé à l’un des gardiens et que le délinquant devra le rendre sur le champ; tous les détenus déclarent ne pas être en
possession de tabac, et c’est alors que les brutes SS commencent leur jeu macabre. Ordre est donné à tous de se déshabiller; il faut une température de
8° sous zéro; personne ne fait d’objection, sachant que ce serait un suicide
et c’est alors que l’on put voir près de 500 êtres humains tout nus, attendre la suite des événements. À midi, les premiers tombaient, les uns morts de congestion, les autres perdant
connaissance; ces derniers étaient ranimés à coups de cravache, mais aucun de ceux-là ne se relevaient et ils mouraient tous, les reins brisés. Le soir, à 18 heures, on compta 27 morts, ceux-ci
étaient délivrés; mais il restait tant d’autres hommes pour lesquels les souffrances n’étaient pas à leur fin! En effet, beaucoup d’autres détenus furent atteints de congestion pulmonaire et
eurent de fortes fièvres. Lorsque les brutes raffinées s’en aperçurent, ils dirent «Ah ! vous avez des chaleurs, eh bien on va vous rafraîchir.» Et c’est ainsi qu’ils furent jetés dans des
baignoires d’eau glacée, et quand ils avaient perdu connaissance, ils se noyaient ou étaient jetés à temps hors de la baignoire dans une salle cimentée où ces loques humaines se tramaient à
terre, cherchaient un peu de chaleur sur le corps d’un camarade qui allait expirer dans quelques instants. W... décrit cette scène de la façon suivante: il compare ces loques nues à des
«asticots» dans une boîte. Il a vu un de ces malheureux chauffer ses doigts dans le nez d’un de ses camarades. C’est une des scènes les plus horribles qu’il a vues à Struthof.
Dans cette même nuit, il y eut 32 morts. W... affirme avoir vu dans cette salle cimentée les geôliers prendre les mesures d’êtres vivants pour leur cercueil et leur apposer le cachet sur la
cuisse confirmant qu’ils étaient morts numéro tant et tant.
Pour une bagatelle, les détenus étaient frappés à coups de
bâton ou de cravache, le nombre de coups variant suivant la gravité de la faute commise (25, 50, 75, 100). Une autre torture consistait à pendre les détenus par les mains pour leur faire avouer
quelque chose.
W... a été pendu pendant 3 heures et il en résulta des
souffrances inimaginables; ce qui ne l’empêcha pas de garder le silence le plus complet, ce qui exaspérait les geôliers.
soins
Absence complète de soins. Ainsi les détenus frappés par
leurs gardiens
ou mordus par les chiens ne devaient recevoir aucun pansement, ni soin d’aucune espèce.
mise à mort
Celle-ci avait lieu pour la moindre vétille et s’exécutait
par pendaison ou fusillade, sans oublier l’asphyxie par passage dans la chambre à gaz ou la mort des suites d’expériences médicales.
Le commandant du camp dressait toutes les semaines un état
numérique des morts qu’il envoyait à ses supérieurs. Nous possédons le modèle de cet état où on relève 5 catégories de morts: morts par maladies, fusillés, pendus par exécution, pendus par
suicide (individus se pendant eux-mêmes après en avoir reçu l’ordre); suicidés.
Les morts étaient incinérés dans le four crématoire et
leurs cendres servaient d’engrais au potager du camp; seules les cendres des victimes allemandes (car ils exécutaient des détenus allemands) étaient recueillies dans les urnes, vendues
de 75 à 100 RM à leurs familles.
expériences médicales
Les prisonniers servaient de cobayes à des médecins de
Strasbourg, en particulier aux docteurs Hirth, Wimmser et von Haagen.
Les médecins susnommés pratiquaient, avec la complicité des
SS, des injections de lèpre, de peste et d’autres maladies sur les détenus de manière à observer les effets de ces contaminations; plusieurs traitements étaient essayés pour une même maladie.
L’expérience terminée, si les sujets n’étaient pas morts, ils étaient exterminés et incinérés. Ainsi, en 1944, 200 personnes sont mises à la disposition du docteur von Haagen et 150 sont alors
immunisées contre le typhus exanthématique, 50 étant réservées comme témoins. À l’ensemble des 200, il est alors inoculé du virus typhique (déposition de Melle Schmidt, assistante du
professeur von Haagen).
De même, ces médecins faisaient des expériences avec des
gaz sur ces malheureux dans une chambre à gaz située hors du camp. En une seule journée, le 10 août 1943, 86 femmes furent asphyxiées et leurs corps incinérés immédiatement après.
Il est de même établi que:
- le 11 août 1943, 15 femmes furent gazées;
- le 13 août 1943, 14 femmes furent gazées;
- le 17 août 1943, 30 hommes furent gazés;
- le 19 août 1943, 20 hommes furent gazés;
nombre total des victimes au camp
1668 femmes environ et plus de 10000 hommes, sur un total
de 45000 détenus passés dans ce camp.
Parmi les exécutions en masse il faut citer:
l’exécution de 392 Français (92 femmes et 300 hommes dans la nuit du 1er au
2 septembre 1944).
(...) [L’étude se termine par un compte rendu d’enquête du
«Service de recherche des crimes de guerre» sur l’activité criminelle du professeur Hirth directeur de l’Institut d’anatomie de Strasbourg pendant l’occupation]
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